Culture-Nature

Les cafards entrent en résistance…

De quoi foutre le cafard aux fabricants de pesticides. Des chercheurs américains ont constaté qu’un traitement insecticide fait développer à ces charmants insectes une résistance contre non seulement la molécule utilisée, mais d’autres insecticides censés les éliminer… « Nous ne pensions pas que la résistance pourrait se développer si vite » disent les scientifiques. De quatre à six fois plus résistants en une seule génération, voilà qui promet !

Le problème semble sans solution. Les cafards se multiplient environ par douze en une génération de trois mois, ce qui risque de faire au bout d’un an 124 = 20736 bêtes pour une femelle au départ. Une véritable armada dans votre cuisine, pour peu que vous laissiez traîner assez de déchets de table ou autre substances comestibles, en quantité suffisante pour nourrir tout ce monde. Et ce qui fait le plus peur : ces émissaires des forces obscures charrient toutes sortes de microbes qui en veulent à votre santé !

Peu d’espoir donc du côté de l’industrie chimique. Seule solution : une propreté sans faille jusque dans les moindres recoins, des poubelles hermétiques, votre pain dans une boîte impénétrable, et toutes vos provisions dans des containers étanches. Avec en plus un bon aspirateur au cas où ces envahisseurs auraient trouvé de quoi se nourrir chez la voisine.

Une question, tout de même : pourquoi trouvons-nous ces insectes si répugnants ? Il suffit parfois de simplement évoquer le nom de « blattes » pour avoir un haut-le-cœur. Il y a le côté rampant, fuyant, un art consommé de se cacher dans les moindres cavités. La couleur rousse aussi. Leur présence dans les déchets, les pourritures, les poussières de sorte qu’on les associe avec la saleté. Leur capacité de se nourrir, en période de disette, de savon, de dentifrice, de colle, de toutes sortes de produits réputés non comestibles ou malsains. Cannibale en dernière extrémité. Qui dit saleté dit aussi microbes et maladie : ces insectes sont porteurs de toutes sortes de souches de bactéries, comme  Escherichia coli, Salmonella thyphimurium, Staphylococcus aureus et Klebsiella, Pseudomonas. De quoi donner des cauchemards à tous les microbiologistes. C’est clair : les blattes dans nos appartements sont une insulte à nos notions d’hygiène modernes !

Si l’on y regarde bien, tous les éléments pris un par un qui nous les rendent répugnantes son liés à l’alimentation ordinaire. La peur des microbes, avec une alimentation originelle, n’a plus de raison d’être. Virus et bactéries ne produisent pluas de symptômes désagréables ni dangereux, ils ont au contraire une action dépolluante dont on ne peut que se réjouir. Depuis plus de cinquante ans, je n’ai jamais utilisé le moindre désinfectant, même pour des plaies souillées, et jamais vu le moindre signe d’infection. De nombreux autres instinctos ont pu faire la même observation. J’ai au contraire vu guérir les pires infections, même le staphylocoque doré, en des temps records après passage à l’instincto. Quant aux virus, ils font partie des mécanismes vitaux et sont au contraire utiles. C’est une évidence : la nocivité des microbes, l’idée de bactérie, de virus, de mycoses pathogènes est directement associée à la pollution culinaire des organismes.

Deuxième cause de répugnance : l’intérêt des blattes pour la saleté. Là aussi, les choses changent complètement d’allure. Les déchets de fruits frais, les restes de légumes crus, les miettes d’oléagineux n’ont en soi rien de répugnant. Le peur du pourri est directement liée à la peur des microbes et aux réactions qu’ils provoquent sous alimentation cuite. Vus à l’échelle des blattes, nos déchets de table et nos poubelles sont un trésor d’aliments de choix, elles y pratiquent l’instincto pure et dure, et n’ont aucune odeur nauséabonde. Pas plus d’odeurs corporelles que n’en ont les instinctos humains. Elles n’ont aucune raison de nous dégoûter.

Alors que dans le contexte culinaire, les déchets et restes dénaturés qui pourrissent le font avec des bactéries différentes. Les blattes qui s’en nourrissent prennent des odeurs anormales, répugnantes er celles qui se produisent chez les culivores, avertissant d’un danger à l’aune des maladies de civilisation.

Un fait qui le confirme : dans certains pays, notamment en Asie, les blattes sont considérées comme un mets délicat. La différence est certainement liée à l’alimentation moins transformée, exempte de blé et de lait de ces populations. Les insectes qui grignotent leurs déchets ne s’intoxiquent pas comme avec nos déchets culinaires. Même plus près de nous, vous pouvez trouver des blattes sur le net, différentes firmes avant-gardistes les vendent pour la consommation humaine, en vantant leur saveur exquise ! Là aussi, elles ne sont certainement pas nourries de déchets de cuisine.

Un troisième effet de la cuisine, qu'il ne fait pas négliger, c'est l'accrochage, c'est-à-dire l'amplification des angoisses et des dégoûts sous l'effet des automatismes mentaux. La surexcitation des neurones par les excitants apportés par l'alimentation quotidienne, principalement le gluten du blé et les exorphines du lait, fait que les contenus cérébraux s'auto-excitent, sous forme de frayage. La peur des araignées en est un excellent exemple, on la voit en effet disparaître avec une alimentation originelle. Tout comme le côté étrange et inquiétant des arachnides, l'allure déconcertante des insectes, les longues antennes des blattes, leur rapidité, leurs longues pattes, la peur d'être mordu ou piqué, toutes ces petites craintes qui restent normalement en-dessous d'un certain seuil, deviennent prédominantes, voire obsessionnelles sous l'effet de l'excitation du système neveux  central.

Dans un environnement exempt de toute pollution, chimique et culinaire, les mêmes blattes seraient considérées comme un aubaine. Double aubaine si l’on sait que la consommation d’insectes comme source de protéines animales, de vitamines B12 et tout ce qui s’ensuit, est de loin préférable pour la santé à la consommation de viandes rouges ou blanches. Et aussi pour le simple plaisir gustatif tel qu'on peut le ressentir lorsque l'organisme n'est pas surchargé de protéines sous l'effet des saveurs culinaires. Le fait de les consommer réduirait du même coup leur multiplication.

Il est d’ailleurs possible les blattes soient plus fertiles que nature justement par l'effet des aliments dénaturés qu'elles trouvent dans les maisons. Les taux de naissance augmentent de manière très générale lorsqu'un facteur externe met l'espèce en danger. C’est un équilibre homéostatique : plus les organismes sont stressés, plus ils se reproduisent afin d’augmenter les chances de survie de l’espèce. Même les arbres fruitiers réagissent à la taille en faisant plus de fruits.

Hors contexte culinaire, le problème soulevé par la capacité d’adaptation rapide de ces insectes aux pesticides ne se poserait plus. On se réjouirait d’en trouver pour enrichir la palette des protéines animales, on y gagnerait en variété des saveurs et en santé. Et les industriels de la chimie de synthèse pourraient remballer leur marchandise sans le moindre scrupule – ni même celui de polluer la planète beaucoup plus que les blattes...

 

Référence :  http://futurasciences.fr/tk/t/2/6125692080227a/765177b4df/617223ccb/1105079afc8/?fbclid=IwAR1nvz91HndFsB5MY0I8ulEglTt6bzyq1tW3vyyV0Bir50vFBfimz1iDPv8

A propos de l'auteur

Guy-Claude Burger

Guy-Claude Burger


Physicien, mathématicien, musicien, psychologue, chercheur, auteur, empêcheur de tourner en rond...

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