Culture-Nature

Du glyphosate dans votre pipi ?

Connaissez-vous le nouveau mouvement citoyen contre le glyphosate ? Ce sont cinq mille personnes désormais qui, inquiétées par les aberrations de l’industrie chimique, ont décidé de démontrer qu’on retrouve le glyphosate, agent principal du Round up, dans l’organisme des consommateurs. Et pas seulement pour le plaisir de savoir : pour celui de porter plainte contre X et de freiner la frénésie des empoisonneurs de la planète.

Le glyphosate est une molécule qui n’existe pas dans la nature – Guy-Claude Burger dirait : une molécule non originelle – à laquelle les organismes vivants ne sont pas adaptés. C’est bien pour cela que les herbes y succombent. Mais qu’advient-il de cette molécule dans les organismes animaux ou humains ? Il en reste des traces dans les végétaux, notamment dans les céréales consommées sous n’importe quelle forme, et ces résidus risquent de s’accumuler dans le corps ou d’y provoquer toutes sortes de troubles.

C’est un certain Henri Martin, suisse et chimiste de profession, qui a « inventé » cette molécule providentielle en 1950. Une occasion rêvée pour Monsanto de booster son chiffre d’affaire : après l’avoir perfectionnée et brevetée, la firme américaine la répandait tous azimuts dès 1974 sous le nom bien connu de Round up, l’herbicide vedette que tout le monde emploie, au premier rang les cultivateurs de céréales.

Un véritable coup de maître de Monsanto : d’une  part maîtriser l’herbicide le plus puissant – tant pis s’il tue au passage quelques animaux ou quelques consommateurs fragiles – et d'autre part créer des cultivars OGM capables de lui résister. Imaginez la tentation pour les agriculteurs  : débarrasser leurs blés dorés des mauvaises herbes avec un produit miracle qui ne tue que les adventices. Une dépendance définitive aux apprentis-sorciers du génie génétique...

Quant aux craintes des organismes de sécurité alimentaire, facile de leur dorer la pilule, avec les milliards que rapporte une opération pareille, on trouve toujours des experts consentants. Et tant pis pour les quelques scientifiques tatillons qui ont montré que cette molécule magique, surtout utilisée en cocktail avec divers adjuvants augmentant son efficacité et justifiant le brevet, pouvait provoquer des troubles endocriniens et jouer un rôle dans des maladies comme le Parkinson, des lymphomes non hodgkiniens, et toutes celles qui pourront encore s’ajouter à la liste. Les lobbies sont plus forts que les scientifiques récalcitrants.

Bref : un groupe local s’est mobilisé à Bourg-en-Bresse, une centaine de personnes qui ont décidé de savoir une fois pour toutes ce qui se passait dans leurs urines. Une séance d'analyses avait lieu récemment près de chez moi. J’en ai profité pour me porter candidat, curieux de savoir à quel niveau je pouvais être contaminé vu mes trente-sept ans d’alimentation naturelle pratiquée dans les règles de l’instincto.

Je viens de recevoir mon résultat : je suis en-dessous du minimum détectable ! Les analyses permettent de reconnaître cette molécule à partir d’une concentration de 0,08ng/ml, soit de 8 centièmes de milliardième de gramme par litre. Bravo aux techniciens de laboratoire qui ont mis ces tests au point ! Ce sont des concentrations dix mille fois inférieures aux ppb (parts pour billions), eux-mêmes mille fois inférieurs au ppm (parts pour millions) qui mesurent couramment les polluants. Mais trêve de mathématiques : en bon français, on dirait tout simplement qu’il n’y aucun  résidu de glyphosate dans les urines d’un instincto.

Et chez les autres ? Les concentrations s’échelonnaient entre 0,18 et 1,8ng/ml, suivant qu’ils pratiquaient le bio à 75 %, 50 % ou 25 %, toutefois sans progressivité. Bon à savoir : le pic national en France à ce jour est tout de même de 3,48 ng/ml ! Mais j’étais le seul, sur les cent participants, et sans doute sur les 5000 autres, à avoir un taux indétectable. Voilà qui fait plaisir !

C’est même plus qu’un plaisir : la preuve qu’il y a un moyen d’échapper aux fléaux de l’agrochimie moderne. Ne pas manger de céréales, qui sont de toutes façons étrangères à l’alimentation pour laquelle le génome humain est programmé – preuve en soient les nuisances du gluten du blé par exemple. Éviter aussi de boire de l’eau contaminée par les épandages, s’en tenir comme moi aux eaux de source préservées ou aux eaux minérales en bouteille (les molécules de plastique sont peu solubles et sans doute moins dangereuses que les productions de Monsanto). Conditions qui sont réunies d’office si l’on pratique simplement l’instincto.

Seul côté sombre de ce résultat : je ne peux pas porter plainte contre la firme américaine. Que pourrais-je lui reprocher ? Cela risquerait même d’apporter de l’eau au moulin de ses avocats : ils pourraient dire aux autres plaignants que ce n’est pas le glyphosate qui est la cause de leur contamination, mais le fait qu’ils n’ont pas une alimentation naturelle. Une bonne pub pour l’instincto qu’on devrait à Monsanto ! Mais on n’en est pas là...

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Bernard Mercier

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