Culture-Nature

Ignorance, peur et superstition

« La superstition est la fille de la peur, et la peur est la fille de l'ignorance ». Cet aphorisme de Charles Kingsley, écrivain britannique du milieu du XIXe, ennemi farouche de l’Église catholique, peut donner à réfléchir.

Lorsqu'on ne comprend pas la cause d'une souffrance, on éprouve inévitablement une certaine angoisse, d'en être victime à son tour ou de voir la situation s'aggraver sans savoir que faire. Et cette angoisse pousse à se sécuriser par le biais de croyances faites sur mesure, qu'on préfère ne pas vérifier car cela ferait ressurgir l'angoisse. Ce mécanisme se produit aussi bien consciemment qu'inconsciemment. Ainsi naissent toutes les superstitions, systèmes de croyances de type religieux et contraires à la raison.

En fait, ce mécanisme en cascade est largement mis en évidence par notre démarche : une ignorance crasse règne en matière d'alimentation, toutes sortes de maladies surviennent sans que la médecine n'arrive à en comprendre les causes (vu ses réticences à remettre en cause l'art culinaire), cela induit une angoisse générale et on se raccroche à toutes sortes de croyances médicales et diététiques. Cela dure depuis des siècles. Bizarrement, à chaque époque on a l'impression de tout savoir, pour finalement s'apercevoir qu'on était à côté de la plaque.

La peur des microbes

Exemple : la peur des bactéries, qui provient du fait qu'on ne comprend pas pourquoi elles prolifèrent tout à coup dans un organisme et font des dégâts, a engendré la superstition des antibiotiques. Il y a là effectivement une forme de foi : « tel antibiotique va me guérir », et on ne cherche plus les vraies causes de la maladie. Puis on s'aperçoit après un petit siècle que la mode des antibiothérapies débouche sur une impasse, les bactéries finissent par s’adapter, ce qui montre bien que ce n’était qu’une croyance temporaire.

Alors que dans le cadre de l'alimentation 100% naturelle, comme j’ai pu le constater depuis plus de cinquante ans sur des centaines de personnes, on ne voit jamais une bactérie se montrer nocive. Même le fameux staphylocoque doré : il s'évanouit comme un mauvais rêve dès passage à l'instincto.

Autre exemple : la peur des virus. Certains grands pontes annonçaient il y a peu que la bataille finale pour l'humanité serait entre elle et le monde hostile des virus. La médecine ne sait là non plus pas expliquer pourquoi existent des virus, pourquoi ils provoquent toutes sortes de symptômes désagréables, voire dangereux ou mortels. Quel avantage pourraient-ils bien en retirer ? Et faute de savoir que ces mêmes virus restent parfaitement sages dans le contexte alimentaire naturel, la peur du mal induit toute une série de superstitions. On enseigne en faculté que les virus sont « méchants » et « attaquent » nos cellules, plus le rituel des vaccins qu'on rend obligatoires sans savoir quelle est la véritable fonction des virus, on synthétise à grand frais des anti-viraux, dont on s'est aperçu maintenant qu'ils accélèrent le vieillissement, on relègue les sidéens au rang des intouchables comme si la contamination se produisait au premier courant d'air.

Et l'édifice médical se lézarde lorsqu’un Montagnier ose dire que le stress oxydatif (donc l'alimentation) est le facteur numéro un de l'épidémie, au risque de se faire écraser lui-même. Puis les généticiens constatent que notre ADN est constitué pour presque moitié de séquences virales : nous sommes des poubelles à virus... Plus exactement, il faudrait dire que nous fonctionnons largement sur la base d'informations virales. L'expérience instincto montre à l’évidence que les virus courants sont utiles et programment des éliminations au niveau cellulaire, d'autant plus fortes que nous sommes plus pollués par les molécules dénaturées issues de l'alimentation traditionnelle.

Un mythe nommé diététique

Troisième exemple : la diététique. Le fait même qu'un aliment cuisiné puisse être attirant et pourtant porter préjudice à la santé est angoissant : « j'ai une irrésistible envie de manger ceci ou cela, et si je cède à la tentation, je le paie par la maladie ou par la mort »… Triste perspective intrinsèquement liée à la gastronomie. C'est une situation qui n'a rien de naturel, car les aliments consommés tels qu'on les trouve dans la nature ne sont attirants que lorsque l'organisme en a réellement besoin. Donc pas étonnant que cette contradiction génère de grosses angoisses de mort, inconscientes parce que difficiles à formuler, ou systématiquement refoulées sous la pression de la société ou de la gourmandise.

Résultat : de savants nutritionnistes jouent les rédempteurs et nous prodiguent des kyrielles de conseils, sur les composants alimentaires, sur l'équilibre nutritionnel, sur les vertus de tel fruit ou de tel légume, ou sur le danger de tel autre, en détaillant nombre de composants dont chacun est réputé nécessaire ou dangereux en cas d’excès. Manger à table avec une table de composants à côté de l'assiette reste cependant très théorique. Techniquement inapplicable ou fastidieux au point que la gourmandise reprend vite les rennes en mains.

Et pire que cela : les conseils diététiques correspondent à la moyenne des besoins individuels, qui varient beaucoup comme le montre l'instinct, de sorte qu'ils sont pratiquement toujours faux lorsqu'on les applique aux cas particuliers. Tout cela n'est pas fait pour calmer les angoisses, mais plutôt pour les raviver, du simple fait que la main tendue du diététicien, à laquelle on voudrait se raccrocher, n'est qu'un mirage par surcroît difficilement applicable au quotidien.

Lorsqu'on lit les cascades de médications « naturelles » que prescrivent les naturopathes, et que l'on sait que tous les troubles visés sont avant tout des conséquences des erreurs alimentaires omniprésentes, dont ils ne dénoncent qu’une mince partie, la diététique apparaît elle aussi comme une forme de superstition. La plupart des croyances qu'elle véhicule reposent sur des bases troubles ou des modes passagères. Ou encore sur les bénéfices rondelet que garantissent les ventes de pilules et de compléments alimentaires.

La fable du couple heureux

Il y a encore bien d'autres croyances que nous prenons pour des certitudes, alors qu'elles ne reposent pas sur des bases rationnelles. Tout ce que l'on dit sur le sexe, par exemple. Alors que les équations de base « sexe = reproduction » ou « sexe = plaisir » énoncées par les philosophes matérialistes et qui fondent tous les discours, négligent la fonction principale de la sexualité. L'ignorance s'est installée profondément dans les mœurs au cours des siècles. On ne trouve quasiment que le « Banquet » de Platon sur l'Éros uranien, ou le « Jardin des Délices » de Jérôme Bosch pour nous rappeler que l'amour physique a pour but principal le développement des facultés extrasensorielles, et que celles-ci sont intrinsèquement liées à l'évolution spirituelle de l'individu. J'ai eu la chance de pouvoir le vérifier dans un nombre incalculable de cas, comme j'en témoigne dans mon livre « Jardin des Délices, le Secret du Futur ? ».

L’échec de cette dimension transcendantale de l'amour fait naître des angoisses inconscientes, à l'aune de ce que peut représenter l'échec spirituel de l'existence. On se raccroche alors aux certitudes de pacotille que nous livrent la morale et ses stéréotypes. Avec ensuite l'étonnement que la répression génère toutes sortes de sévices psychiques, névrose, perversions, frustrations, dépressions, problèmes de couple etc. Vues sous cet angle, les fausses croyances de la morale, par exemple l’idée que le mariage est synonyme de bonheur, ou que l’homosexualité est contre nature, entrent parfaitement dans la définition des superstitions avec leur connotation religieuse. On croit quelque part y trouver le Salut, alors qu'on s'enferme dans mille contradictions sans solution.

Chaque fois que l'on bafoue une loi naturelle, on s'expose et on expose les autres à toutes sortes de souffrances. Malgré nous, notre inconscient nous signale l'erreur sous la forme de sentiments d'angoisse ou de culpabilité. Nous sommes alores devant un dilemme : ou bien reconnaître l'erreur et respecter la loi naturelle, ou bien continuer sur la voie que nous avons choisie, en nous racontant des histoires pour nous sécuriser et nous justifier. C'est en fin de compte l'ignorance des lois naturelles qui a conduit la culture à collectionner les superstitions. À nous de nous débarrasser de tout ce fatras, et de définir une culture qui soit en accord avec la nature, à commencer par la nature humaine.

Je crains bien que pour faire le tour des multiples manifestations de cette trilogie "ignorance ⇒ peur ⇒ superstition", il faille mettre au pilori toutes nos valeurs traditionnelles. Je m'arrête donc ici et laisse votre imagination broder la suite...

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Guy-Claude Burger

Guy-Claude Burger


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